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28/01/11 Tron : l’héritage

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Kevin Flynn revient sur les écrans hexagonaux ce mercredi 9 février 2011 et comme la majorité des héros de notre enfance ayant eu droit à leur comeback ces derniers mois il a pris moult rides et se coltine un mouflet dont les incisives feraient pâlir de jalousie le mieux fourni des castors. A ces menus détails près, rien de bien nouveau sur la carte mère mais il est des plaisirs que l’on ne boude pas et Tron l’Héritage pourrait bien en faire partie.

Techniquement : impressionnant. C’est beau, c’est grand, c’est imposant et ça brille (ça tire aussi vachement sur le noir fluo, si si ça existe, la preuve…). La 3D apporte bien un plus ou tout du moins ne viendra pas perturber votre transe contemplative, à moins bien sûr que vous ne soyez purement et simplement allergique au plastique des lunettes. Le techno-design des véhicules et autres gadgets a été dépoussiéré et décliné pour donner vie à ce qui restait dans le premier opus une jolie maquette plus ou moins élaborée. Et pour le plaisir des fans de la première heure, une petite invraisemblance vient se glisser à la moitié du métrage, fausse erreur et vrai clin d’oeil à ceux qui la relèveront (un élément du premier épisode soudain matérialisé et exposé comme une pièce de collection…). Sourire.

Des bémols ? Trois fois rien : on peine seulement à se rappeler où l’on est. Car si l’univers créé en 1982 correspondait à la pointe du design assisté par ordinateur et matchait parfaitement aux productions vidéo-ludiques de l’époque, le revival auquel nous convie ce Tr2n est au mieux une gâterie nostalgique mais ne porte en aucun cas les fantasmes d’une génération de développeurs fous en devenir. Quelques scènes de batailles éveilleront chez les gamers le souvenir de franches déconnades aux commandes d’un kart ou d’un Sky Fighter. Plus grave : le Jeff Bridges de synthèse oscille entre une réplique de dinosaure façon Jurassic Park et les animatiques chiadées de Square Enix, sans jamais vraiment convaincre. C’est moche, d’autant qu’il s’agit d’un des personnages principaux. Et bien entendu (mais vous l’aurez deviné vous-même) côté scénar, rien de brillant. On devine la plupart des rebondissements avant que le scénariste ne nous ait mis le grand méchant panneau indicateur sous le nez. Mais rien d’insurmontable, vous ne comptiez pas le voir pour ça, si ?

Enfin la bande originale, composée par Daft Punk (disponible depuis plusieurs semaines sur la majorité des plates-formes de téléchargement légal qui se respectent, voir même dans nos bacs) qui ne m’avait pas enthousiasmé outre mesure à la première écoute, prend soudain une toute autre dimension. Une symbiose parfaite unie l’architecture colossale de la cité et les accords du duo de Cyber-Zikos (ce qui est tout de même rassurant pour une BO, me direz-vous…).

Au final Tron l’héritage est un mic-mac simpliste dans le fond et pompeux dans la forme, qui conviendra tout à fait en divertissement High Tech du samedi mais n’aura certainement sa place que sur les étagères des fans de l’original les plus virulents, à moins qu’ils n’achètent les copies pour les brûler. Ne riez pas, ça s’est déjà vu.

MLR

Tron : l’héritage ( Tron: Legacy )
Film américain de Joseph Kosinski (2010)
avec Jeff Bridges, Garrett Hedlund et Olivia Wilde

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